Simone Séguela Saulais infos

Étoile des neiges
Le mot magique
Le seuil
Les mots
Ma foi sans loi
Multicolore
Paysage hivernal
Rêverie

Simone Séguela Saulais

 

 

 

 

 

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LES MOTS

Muttum en latin, ou français bon teint, les mots en leur anatomie différentielle, des leurres n’ont peur et à la prudence n’y pensent. Et, si gâtés par la méchanceté, certains osent toutes métamorphoses, la charité vite fait recompose leurs anamorphoses, et si pour la vérité, ils ont le doigté, la manière et la lumière ou pour la fausseté plus de facilités, de ruses et de duplicités, toutes ces commères du phonème, n’en bousculent pas moins les systèmes et les problèmes qu’elles essaiment. Et si par ailleurs les beaux parleurs, ces discoboles de la faribole qui caracolent l’hyperbole ou violent la parabole, avec les tartufes du bluff et de la frime qui griment ou briment le légitime, tous ne sont que tromperies ou vérités qui rient, que Cambronne couronne d’un trait historique

Quant aux instruits et les érudits qui avec désinvolture, enflures et emphases mènent la phrase à la paraphrase, ou n’en déplaise la thèse à l’antithèse, ils ne sont pas plus à l’aise dans leur mayonnaise. En un mot, tous ces mots qui plaident leurs maux sont capables de sublimer comme de ruiner l’objet de leur sujet.

Restent les purs, les obscurs qui n’ont cure des atours de l’écrit ou du discours : les poètes, ces chantres qui enchantent et se pâment aux épithalames de l’âme. Se régalent aussi du madrigal, de l’entrain du quatrain ou de de la frénésie de la poésie.

A vrai dire, et sans rire, les mots ne sont-ils pas de toute langue le fleuron ?

Toutefois, il est un mot qui a toujours le dernier mot, celui qui vient, mine de rien, avec son drôle d’R à tous couper l’air. « MORT »