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Étoile des neiges
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PAYSAGE HIVERNAL Quand novembre sombre sur ses tombes et sur la barbe usée des maïs, fait ses premiers caprices, lhiver déjà, fait le beau sur ses rameaux. Gibets agités où les dernières feuilles seffeuillent et se pendent à leur deuil. Dans la forêt prise aux rets des gelées, le neige tapisse et lisse les pistes, bavarde et musarde sous les arbres, puis à laventure, murmure le long des murs ou, pâlotte, chuchote sous les mottes. Le gel, austère et mortifère, ulcère le pauvre hère. Lhiver est sévère pour la misère, et le froid, du haut de son beffroi, rudoie et foudroie toutes ses proies. La glèbe imberbe oublie sa panoplie dépis, et dans le pré tout prés, une marre, cloque glauque, ouvre son oeil de phoque sur la banquise grise dune garenne surprise par la dérive dun givre qui la paralyse, tandis que sous le charivari dune pluie, la charrue, au roc toque son soc. A létable, les bêtes, à laise hier à lair, battent de la patte le sol de leurs pénates, et mornes, mâchonnent la licorne en donnant de la corne dans leurs bornes. Alors que sous la lune la brume senrhume, quune bise incisive se brise sur les bâtisses et tyrannise ma pelisse, une rafale brutale, hourvari dune prairie défleurie, dévale le val et torture les ramures. Cependant que la lunaison et ses pâmoisons, que la floraison a perdu la raison, la saison sans façon paie dune chanson sa rançon. Mais bientôt, quand le jeu dun bleu se lovera, délicieux, dans les cieux, quun petit nuage volage tournera la page sur des havres plus sages, quà pleines mains le matin avec ferveur cueillera la première fleur, quun petit frisson polisson nous rendra aussi gai quun pinson, Alors le printemps tout pimpant, se perchera sur le dos dun do et chantera son Eldorado. |
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