|
Étoile des neiges
|
RÊVERIE Doriane est là, assise dans sa méridienne, face à locéan dont les scintillements ressemblent à des étoiles tombées sur les flots. Elle est là, assoupie, envoûtée par le charme de ses potées florales aux fragrances euphoriques. La terrasse, son sanctuaire, comme elle dit, est un Eden. Un Nirvana où tout devrait être simple à vivre. Pourtant Peut-être que quelque part, des pinceaux magiques peignent des mondes meilleurs, tout de quiétude et damour. Un monde sans guerres ni haines. Un monde tout bonnement à limage de sa terrasse, cet oasis élyséen où Doriane aime durant des heures rêver, loin du désenchantement quotidien. Loin de tout ce qui ressemble à la réalité, cette montagne obscure quelle narrive ni à franchir ni à vaincre. Encore moins à dominer. Soudain dune aile légère un papillon saffole à lombre de son parasol, et jusquà ses compositions florales déjà papillonnées, va se pavaner, tandis que dun souffle léger, une abeille sabat sur son bras et tricote des pattes, comme si elle jouait des castagnettes, et dun bourdonnement murmuré sen va butiner le mûrier. Et là, maintenant, ne serait-ce pas une vision cette libellule, jolie demoiselle qui fredonne sur une flaque de lumière ? Et cette étoile là-haut dans les éthers, fière et audacieuse malgré la lumière du soleil ! Et les cigales qui vocalisent à la manière dun choeur de divas, alors que le tam-tam du ressac au pied de la terrasse psalmodie les blues de locéan, elles sont bien là, réelles, à lombre des eucalyptus. Tout est si féerique, irréel, poétique et insaisissable que Doriane nose croire à toutes ces allégories aussi trompeuses que somptueuses. A toutes ces musiques qui bourdonnent, stridulent, bruissent ou froufroutent à linstar dune harmonie céleste dirigée par un chef dorchestre divin. Béate, Doriane sourit. Un sourire qui tel une fleur à la rosée matinale, éclot sur ses lèvres et sabandonne sur un bienheureux soupir. Cest si étrange et délicieux de rêver, là, assise dans sa méridienne, face à locéan, tandis qualentour, le monde indifférent erre et senterre dans ses travers. Cest si doux de rêver et à la fois si puéril. Les rêves ne sont-ils pas aussi capricieux et impalpables que les scintillements qui dansent sur locéan ? Et si le monde nétait après tout quune illusion ! Quun faux semblant ! Un décor loufoque ! Un sempiternel scénario pour une bouffonnerie, une arlequinade, une clownerie, une pitrerie qui sintitulerait vie ! Quimporte ! Lair est si léger, si évanescent, la lumière si rayonnante, locéan si impétueux, que Doriane se laisse bercer par toutes ces symphonies, ces musiques subtiles et un peu obscures du merveilleux. Magie dun moment ineffable ! |
||||||||||||||||||||||||||||||||